mercredi 29 avril 2009

Oser la lumière

Ces dernières années, j'ai cherché la lumière à l'intérieur tout en restant autant que possible dans l'ombre. J'ai noué des relations où l'intime primaient sur le social. Dans le même temps, les photos où j'apparais se sont raréfiées comme pour tracer cette disparition apparente.

Alors en ce nouveau printemps, je décide de réapparaître. Car vivre pour de vrai, c'est aussi oser la lumière.

mardi 28 avril 2009

Jouer avec le temps

La fin des vacances m'a redonné toutes mes rôles, et avec en plus cette envie de profiter de chaque instant qui me déserte quand l'énergie devient rare. Alors même si les journées professionnelles sont longues, redonner de l'espace à mon temps privé pour éviter de me sentir trop vite coincée dans mon métro-boulot-dodo.
  • Hier soir, aller assister au cours de guitare de R. en griffonnant sur mon petit carnet à paillettes.
  • Au retour prendre le temps de jouer/chanter en duo notre "tube" du moment, en repoussant le repas à l'heure espagnole.
  • Ce matin à l'aube cuisiner une tarte poireau carotte algues curry sésame, la mettre à cuire le temps d'une séance de yoga fenêtre grande ouverte, et du petit déjeuner commun avant de filer vite vite.
  • Ce soir m'échapper au théatre voir cette pièce.

Et demain ? ... sera un autre jour ;-)

lundi 27 avril 2009

Glycine et lilas

C'est une de ces maisons pleines de charme cachées dans une petite rue du quartier. Le mur extérieur penche, une cloche pend au portail. Une maison pleine de vie : 3 enfants, des chats, de la musique, la porte toujours ouverte pour les copains et ceux qui ont besoin. Glycine et lilas embaument le jardin-mouchoir de poche.
L'un des enfants est presque le jumeau de R. dans sa vivacité, ses rires communicatifs, son énergie, ses désespoirs aussi.
"Tu sais, on va déménager, nous glisse-t-il hier soir. Non, on ne change pas d'école, on va juste habiter un appartement avec ma mère, mon frère et ma sœur. Ma maman et mon papa ils ne s'aiment plus. Mon papa reste dans la maison, et nous, on ira le voir quand on veut. Ça serait trop bien si on vivait dans le même immeuble que vous !"
Ce soir, au coucher, A. murmure :"Ça fait peur". R. demande si , quand on divorce, on a le droit de vivre ensemble à nouveau. Et moi, en leur répondant je vois les regards dans la petite maison derrière la glycine et le lilas. La colère, la lassitude, la détermination, la tristesse. Ce qui se délite et ce qui se construit.

En écho, cette chanson que j'aime beaucoup et que nous apprenons ces jours-ci avec celui dont je partage la vie. La version de Jeff Buckley m'enchante particulièrement. Et vous, laquelle préférez-vous ?



samedi 25 avril 2009

Sur 24 heures (la suite)

Mercredi matin, au cours d'une réunion de travail, à 10h22, j'ai pris devant témoin la décision de ne pas "dire du mal" pendant 24h. J'en ai parlé à d'autres collègues dont je suis assez proche, afin d'accentuer l'effet miroir.

Quelques enseignements :
  • Je "dis du mal" quand j'ai le sentiment d'être victime d'une injustice, de subir une situation, sans savoir quoi faire pour en sortir ou sans oser le faire. Cela se manifeste essentiellement dans le cadre de mon travail , dans les moments où mon positionnement n'est pas tout à fait adapté : ce que je fais, la communication que j'en fais, ce que d'autres en disent, ne concordent pas.
  • "Dire du mal" peut être un mode d'échange avec certaines personnes à l'esprit caustique. Je "fais mon caméléon" plutôt que d'oser être moi-même et/ou j'en profite pour me défouler.
  • Une personne était très étonnée de mon expérience, car, pour elle, je ne dis jamais de mal de qui que ce soit. En effet, je ne le fais pas devant elle, car elle est très critique, très stressée et que j'ai tendance de ce fait à modérer mes propos pour ne pas en rajouter.
  • Quand je "dis du mal", que je l'exprime ou que cela reste dans ma tête, la coloration du moment est la même : aigreur, colère, amertume, décalage, impuissance.
Comme pour ma (courte) monodiète, j'ai ressenti de la légèreté, de la clarté, avec des moments difficiles aussi, quand j'ai été tentée de réagir comme à l'habitude.
J'ai pu constater cette fois aussi combien quelques changements "mineurs" modifient en profondeur et quasi instantanément le grain de la vie quotidienne. A contrario d'une diète qui ne se poursuit pas sans risque, je peux continuer sans modération.
Je prends ici l'engagement envers moi-même de garder ce fil rouge à l'esprit le temps qu'il soit intégré dans la trame de mon quotidien.

mercredi 22 avril 2009

Comme une respiration

Comme une respiration, toutes mes contradictions,
déplacer des montagnes et craindre une fourmi,
m'élancer fougueusement et me terrer ensuite,
rire de mes peurs, et en pleurer,
traquer mon passé, et chercher l'oubli
célébrer ce qui est, et parfois le fuir.

Que l'équilibre naisse du dialogue des contraires, je l'entends bien.
Je voudrais juste passer petit à petit des a-coups à la fluidité.
Apprivoiser frein et accélérateur pour éviter les embardées.
Arrêter de m'épuiser.

Alors, peut-être, afin de sortir de ces réflexes déplacés, aménager, comme sur le tapis, des moments de rien entre l'inspir et l'expir, des moments d'écoute, imperceptibles à tout autre que moi, pour me retrouver ici, vraiment.

Dans le bois (en écho)

Dans le bois, la première chose qui me prend c'est le silence soudain. Le silence de tout l'inutile, laissant la place à tous les bruits du vivant : craquements des branches, grincement des troncs cagneux, grignotements fugitifs et fuites éperdues. Chuintement des feuilles sous mes pas. Echo de ma présence dans cette présence sans visage, intense.

La fraîcheur m'enveloppe de la tendresse des frondaisons. Cape magique douce comme une toile d'araignée dentelée.

La lumière joue à cache cache avec les feuilles et le vent, s'habillant de toutes les couleurs du temps. Celui d'hier, d'avant-hier, et de demain.

Dans le bois, je peux choisir de me blottir dans un arbre creux, œuf de douceur, je peux choisir de courir à perdre haleine pieds nue dans le rosée et les cèpes charnus, ou alors de cheminer lentement, observant les minuscules miracles éphémères.

Mais ce que je préfère, c'est sentir ta présence vibrer en moi, comme un écho très fort du sang dans mes veines, m'approcher de toi lentement jusqu'à t'enlacer, joue contre ton tronc rugueux. et m'abandonner à la joie d'être.

Sur 24 heures

Ce matin, à 10h22, j'ai pris la décision de ne pas "dire du mal" pendant 24 h.
4h après, ça tient et c'est déjà intéressant, car cela m'oblige à prendre ma part de responsabilité dans les relations qui se passent moins bien, et dans lesquelles je me sens contrainte (mais le suis-je vraiment ?). A suivre donc...