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lundi 27 avril 2009

Glycine et lilas

C'est une de ces maisons pleines de charme cachées dans une petite rue du quartier. Le mur extérieur penche, une cloche pend au portail. Une maison pleine de vie : 3 enfants, des chats, de la musique, la porte toujours ouverte pour les copains et ceux qui ont besoin. Glycine et lilas embaument le jardin-mouchoir de poche.
L'un des enfants est presque le jumeau de R. dans sa vivacité, ses rires communicatifs, son énergie, ses désespoirs aussi.
"Tu sais, on va déménager, nous glisse-t-il hier soir. Non, on ne change pas d'école, on va juste habiter un appartement avec ma mère, mon frère et ma sœur. Ma maman et mon papa ils ne s'aiment plus. Mon papa reste dans la maison, et nous, on ira le voir quand on veut. Ça serait trop bien si on vivait dans le même immeuble que vous !"
Ce soir, au coucher, A. murmure :"Ça fait peur". R. demande si , quand on divorce, on a le droit de vivre ensemble à nouveau. Et moi, en leur répondant je vois les regards dans la petite maison derrière la glycine et le lilas. La colère, la lassitude, la détermination, la tristesse. Ce qui se délite et ce qui se construit.

En écho, cette chanson que j'aime beaucoup et que nous apprenons ces jours-ci avec celui dont je partage la vie. La version de Jeff Buckley m'enchante particulièrement. Et vous, laquelle préférez-vous ?



mardi 10 mars 2009

Improbable printemps

Essayer de voir ce qui est , plutôt que déplorer ce qui n'est pas.

Depuis quelques mois maintenant, je lutte pied à pied pour la sortir de son crédo de souffrance et d'abandon. Nos dernières conversations avaient été déprimantes à souhait, et je commençais à penser à baisser les bras....quand ce matin, improbable printemps, je reçois un appel de sa part de "presqu'excuses" pour son comportement, et de remerciement pour ce cadeau choisi , pour elle, avec amour.

En raccrochant, j'ai fondu en larmes devant sa détresse, et sa conscience, un instant, des mécanismes de sa souffrance. Larmes de petite fille impuissante, et larmes de compassion aussi.

Je ne baisserai pas les bras, pour elle et pour moi.

mercredi 3 décembre 2008

2- Renouveau et séquelles

La première partie est ici

C'est dur d'accepter de me faire aider. J'ai la chance d'avoir confiance dans les gens qui m'entourent et des moyens pour me soigner. Alors je trouve des ressources : une thérapeute, et un ostéopathe .

Ainsi entourée, il ne me faut que quelques semaines pour remonter la pente. Je lâche larmes et peurs enfouies, contacte la petite fille qui pleure au fond de mes tripes et apprend à la consoler. Je m'autorise à nouveau toute cette créativité oubliée pendant les dernières années au profit du travail et de mes bébés.

Le quotidien reste pénible, les vexations et réflexions continuent mais je suis à nouveau en état d'engager les contacts nécessaires pour changer de poste. Je retrouve avec soulagement, et un grand bonheur, l'appui de ceux qui me connaissent. Je repasse du noir et blanc à la couleur. La suite est une autre histoire.


Cette période aura duré quand même près d'un an et demi.
Ma colère contre celui qui fut ce chef brutal pour moi ne s'est apaisée il y a peu. Il semble être moins brutal, maintenant, avec ceux qu'il encadre, tant mieux pour eux et pour lui. Et moi, et bien, plonger m'a donné accès à d'autres ressources, je "provoque" moins ceux qui ne sont pas sur la même planète que moi.

J'ai fui, surtout, de longs mois.
Freinant brusquement chaque fois que je me retrouvais à m'impliquer trop fortement dans mon travail, car je ne voulais pas risquer de re-traverser la ligne blanche, celle qu'on ne franchit pas impunément.
Je me suis cachée chaque fois que la qualité de mon travail me faisait remarquer, ne sortant de ma grotte que pour défendre les idées qui sinon resteraient lettre morte.
J'ai préparé un départ dont je ne sais quand et si il aura lieu, tant la barre me semble haute à franchir.

Mais là, depuis quelques mois, je sens que la peur recule.
Je peux même imaginer être moi-même, avec mes valeurs humaines, et avoir un avenir professionnel là ou je suis.
Qui sait ?
La ligne blanche est tatouée, marque initiatique.


Ces deux billets sont issus de ce qu'a remué en moi la lecture de "Ils n'en n'en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés". Livre bouleversant...