vendredi 8 mai 2009

Quand l'ombre rôde

Quand l'ombre rôde, qu'elle pourrait menacer ceux que j'aime et que je dois protéger, alors il est urgent de nous bouger tous. Les emmener dans une fanfare joyeuse de moins en moins grinçante chercher le rire et l'amusement, le nouveau, l'étonnant, le simple et le fou.
Les laisser s'épanouir dans leur corps d'enfant, dans leur curiosité voyageuse, partager mes rêves et mes connaissances leurs rêves et leur créativité, d'égale à égaux. C'est bon, c'est doux, et tellement réparateur, ce qui circule entre nous.

Aujourd'hui, c'est Achille, Pâris, Aphrodite, Homère, Ménélas et Hélène qui nous ont rejoint le temps d'un trajet en bus vers le cinéma. Et cette mère qui trempe son bébé dans le Styx pour tenter de le protéger de son destin. Avec l'image qui se teinte de vécu, celui de la petite fille, celui de la mère. On ne peut jamais protéger tout à fait, et c'est tant mieux car alors que resterait-il à vivre ? Quelle intensité dans leur écoute. Fascination.







La véritable histoire du chat botté m'a fait éclater de rire plus d'une fois. Ah Yolande en reine à l'accent belge, un régal ! quant au chat, un vrai coquin comme on les chérit ( n'est-ce pas ?)





Ce que je retiens de la suite de nos aventures du jour et me met du baume au coeur, ce ne sont pas tant les moments joyeux que notre capacité collective à sortir des moments de tension,.
Et aussi la nécessité pour moi d'alterner vagabondages de l'esprit et plongée dans le très concret pour lâcher prise quand je me perds dans mes idées noires. Revenir aux petites sensations, comme elle le dit si bien. Plier des chaussettes, marcher et courir, cuisiner, siroter une infusion (lavande, tilleul et rose, ce soir), allumer un peu d'encens japonais à la fleur de cerisier.

Garder cela précieusement pour quand l'ombre reviendra rôder ...

jeudi 7 mai 2009

Petits arrangements



Elle se dit qu'elle devrait porter une pancarte "mue en cours". L'ouverture la soumet à rude épreuve. Sensible aux chauds et aux froids, parfois écorchée vive, et en même temps dans des bonheurs intenses et profonds.

Mais peut-être la porte-t-elle déjà, cette pancarte. Peut-être la pancarte créé-t-elle même le problème...

Alors elle se dit qu'elle devrait le cacher mieux en attendant que la carapace repousse. Faire parfois un peu semblant d'être en paix pour se protéger.
Nonchalance bienvenue, bienfaisante.

Éviter d'ouvrir ses états-d'âme à ceux qui soulignent l'injuste et le scandale en la plaignant. Comme si cette plainte l'enfonçait plus encore. Ignorer ce qui pourrait blesser, pour le dépasser.

Tous les jours pourtant elle voit à quel point les cœurs sont fragiles sous les carapaces les plus coriaces. Pourquoi ne jouerait-elle parfois ce jeu-là aussi ?

Allez, essayer une semaine et voir ce que ça donne. Petit pari avec elle-même. Cap !

Photo Christian Fischer.

mercredi 6 mai 2009

La vibration à l'intérieur

Je repoussais l'échéance depuis plusieurs mois ( presque...3 ans !).
Celle de me remettre sérieusement au violon.
Autant bidouiller avec mes fils ne déclenchait qu'un peu d'amusement, autant c'était la panique à bord de retrouver un guide sur ce chemin. Spectre de la contrainte, des douleurs dans le dos, des défauts si ancrés, de l'insuffisance du son.

Les hasards (?) de la vie ont mis sur mon chemin il y a quelques semaines une femme rayonnante qui m'a expliqué vivre le violon comme je vis le yoga. Je ne pouvais pas reculer plus longtemps. D'autant que je lui offre en retour ce que j'aime pratiquer.

Premier cours en début d'après-midi. Un cours de posture essentiellement.
Remettre le corps dans son axe.
Accueillir le violon comm un enfant qu'on caline,
Trouver la position du bras, celle qui laisse le pied, le coude, la main le porter dans un bel élan terrestre.
Celle de la main droite savourant le poids de l'archet, prête à le poser sur les cordes comme un oiseau sur sa branche.
Et puis laisser le son traverser mon corps, résonner à l'intérieur, là où se blottissent tant de larmes, manifestement. Elles ne sont pas sorties mais je les ai senties dans cette séance si douce et si forte à la fois, présentes. Un réservoir de larmes que je n'avais jamais contacté encore.

C'est une immense surprise de pouvoir ressentir cette intimité charnelle.
Comme une nouvelle rencontre. J'en suis encore abasourdie ce soir.

mardi 5 mai 2009

Deadline

Je tourne, je vire, j'atermoie.

Une montagne à produire, et me voilà à tourner autour l'air de rien.
Collecter une feuille par ci, tirer un fil par là, appeler un tel pour en parler, sans méthode identifiée.
Ou plutôt en impressionniste.
Je ne sais pas avant tard quelle "tête "aura mon travail. Car je cherche avant tout à ce qu'il convienne à ceux qu'il concerne au premier chef, et au contexte du moment. Alors ça change souvent de forme avant que je sente que ça fait "tilt"

Le matin, je me lève et parfois coule une façon de faire. Et puis ça se met à ramer à nouveau. Mes mails et toutes les demandes annexes ne sont si bien traités que dans ces périodes-là.

  • J'en ai le ventre noué de ne pouvoir programmer mon travail.
  • Personne ne me demande des comptes , à part moi.
  • Je ne compte pas une fois où je n'ai pas été au rendez-vous, au finish.
  • Je n'ai pas vraiment confiance, je crois.

Je devrais faire la sieste tant j'en ai mal dormi.
Pfuuuit...

Edit de 23 heures :

Je viens d'envoyer une version de travail de "ma montagne".
Finalement, râler ici m'a permis de repartir d'un nouveau pas.
Et là, tout de suite, en me préparant un encas bien mérité car j'ai pratiquement sauté tous les repas aujourd'hui, je me suis dit que j'avais dans ces cas-là tous les symptômes d'une femme qui accouche. Douleurs, agitation, impression que ça ne viendra jamais, et puis là, d'un coup, quelque chose qui se met en route et nous emporte...
Et tout ça pour un document ! Une occasion de plus de ne pas se prendre au sérieux ;-)

lundi 4 mai 2009

Une petite fille déguisée en mère

Elle aime les enfants vivants, ceux qui rigolent, chahutent, imaginent, s'agitent et cogitent.

Alors, en plus des siens, elle aime adopter ceux des copains, juste une paire d'heure, les regarder et savourer cette légèreté à la Prévert qui manque à tant de petits enfants vieillissants, et rend le monde parfois si déprimant.

Elle aime observer comment se font et se défont les conjugaisons, et connivences.
Comment les uns et les autres se lancent défis et idées folles, se câlinent et se protègent.
Comme ils partagent quand rien n'est édicté sinon une bonne humeur de bon aloi devant une telle compagnie.
Elle aime participer, juste un peu, à la folie débridée, et musarder.

La petite fille se régale, même si la mère se gèle les doigts.
Elle imagine la tête de la sienne et rit aux éclats.
Elle imagine sa propre tête quand elle joue à la mère fâchée, et rit plus fort encore.

Surtout ne jamais se prendre au sérieux, dit celle qui est si sage derrière son regard malicieux, ni fermer son cœur d'enfant.

dimanche 3 mai 2009

1er mai (2)

Une photo à l'image de mes atermoiements.

Défiler, pourquoi pas, mais derrière une bannière quelle qu'elle soit, ça ne me va pas.
Malaise diffus de ne pas être entièrement en accord avec ce qui est clamé. Car décidément, quel que soit le "camp", la violence et le rejet de l'autre ne me semblent pas une bonne solution. Comprendre, expliciter, réclamer, aider, oui. Construire, toujours, à côté du système établi, lorsqu'il le faut.

Alors j'ai flâné de la chaussée aux trottoirs. Regardé les gens, le ciel, les enfants.
Jusqu'au moment où une petite rue m'a tendu les bras.
Sortir de la foule et respirer loin des cris et des slogans.
Remplir mes yeux des tags multicolores, des volets ajourés, de la verdure printanière.

Non, décidément, je ne suis pas prête à une action collective autre qu'à taille humaine, quand les enjeux sont clairs et les conséquences mesurables.
Ce sont les individus qui m'intéressent, dans leur unicité.

vendredi 1 mai 2009