lundi 20 avril 2009

Célébrer la vie (rêverie)

Le bonheur d'enfance comme un rayon de miel à peine sorti de la ruche, entrecoupé de moments de désespoir soudain et sans fond. Puis toutes ces années fades où je mourais de peur de me noyer dans le gouffre de ma propre tristesse tout en détestant la superficialité des fêtes et des rires joyeux. Faisant semblant d'être là alors que je n'étais nulle part.

Et puis j'ai pris l'eau ( ou l'eau m'a prise), j'ai laissé mes larmes me tremper, m'avaler parfois, me laver aussi de la peur de la tristesse parfois pire que la tristesse elle-même.
L'eau était noir de suie, mais aussi douceur de soie.
Dans son sein vivaient de drôles de créatures marines, vieilles comme le monde, ni prêtes à être apprivoisées, ni agressives. Juste indifférentes à ce que le monde pensait d'elles.
Je les ai observées d'abord. Puis je me suis amusée de leurs jeux et de leurs circonvolutions, prête à les suivre dans leurs folles danses énigmatiques, semblables et pourtant si neuves.

J'ai failli me joindre à elles pour toujours mais le souffle me manquait, la terre ferme me manquait, et la chaleur du soleil. Dans un dernier sursaut, je me suis arrachée à l'étreinte des profondeurs pour rejoindre la surface, retrouver le poids de ma chair et de mes os, essorer mes peines, les mettre à sécher, goûter le soleil et les rayons de miel.

Le soleil n'est jamais plus beau que reflété dans les abysses marins.
Photo de l'île d'Amorgos trouvée ici

samedi 18 avril 2009

Partir et revenir

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Célébrer la vie


"Même vis à vis de la souffrance vous pouvez avoir une attitude de célébration. []
Observez, lorsque vous êtes heureux vous n'allez jamais aussi profondément en vous que lorsque vous êtes triste.
La tristesse possède une profondeur, le bonheur à un caractère superficiel. [] Le bonheur est comme les vagues, juste à la surface[]. Mais la tristesse a de la profondeur, lorsque vous êtes triste ce n'est pas comme des vagues à la surface mais comme la profondeur même de l'océan Pacifique, des milliers et des milliers de mètres.
Plongez dans les profondeurs, observez-les. Le bonheur est bruyant, la tristesse a son silence, le bonheur peut ressembler au jour, la tristesse à la nuit, le bonheur peut ressembler à la lumière, la tristesse à l'obscurité. La lumière va et vient, l'obscurité demeure, elle est éternelle. La lumière parfois luit, l'obscurité est toujours là. Si vous entrez dans la tristesse vous ressentirez toutes ces choses. Soudain vous prendrez conscience que la tristesse est là comme un objet, vous regardez et observez et soudain vous commencez à vous sentir heureux.
Une si belle tristesse ! Une fleur d'obscurité, une fleur de profondeur éternelle. Comme un abîme sans fond, si silencieux, si musical, il n'y a aucun bruit, aucune perturbation. L'on peut continuer à y tomber et y tomber indéfiniment et l'on peut aussi en sortir absolument rajeuni. C'est un repos.
[] Il n'y a rien de mauvais dans la tristesse, c'est une autre polarité dans la vie. Le bonheur est un pôle, la tristesse en est un autre, la félicité est un pôle, la misère en est un autre. La vie est composée des deux et grâce aux deux la vie est un rituel. Une vie de félicité aura de l'ampleur mais pas de profondeur. Une vie de tristesse aura de la profondeur mais pas d'ampleur. Une vie de bonheur et de tristesse à la fois est multidimensionnelle, elle se meut dans toutes les dimensions. []
Pour moi, la vie est bonne dans sa totalité et si vous comprenez la vie dans sa totalité, alors seulement vous pourrez célébrer, autrement non. Célébration veut dire, quoi que ce soit qui se passe est sans importance, je célèbrerai. La célébration n'est pas conditionnée à quelque chose : "Si je suis heureux, je célèbrerai" ou "lorsque je suis malheureux je ne célèbrerai pas".
Célébrer est inconditionnel, je célèbre la vie. La vie apporte de la tristesse arrive, bien, je la célèbre. La vie apporte le bonheur, je le célèbre. La célébration est mon attitude, sans relation avec ce que la vie m'apporte.
[] La célébration est reconnaissance pour ce que la vie vous donne, la célébration est gratitude, reconnaissance pour tout ce que l'existence vous donne."

Osho, Extrait de: Yoga: The Alpha and the Omega, Vol. 4, #10

vendredi 17 avril 2009

Echo

"Êtes-vous un homme en quête de vérité, ou un enfant craintif qui désire qu’on le rassure ? Si vous voulez vous engager sur le chemin de la sagesse, sachez d’abord qui parle, quand vous questionnez. "
Henri Gougaud, Le fils de l’ogre

Convalescence

Ce jour-là, un très ancien charme s'était rompu.
Tous ces mots réprimés qui cousaient son ventre et son cœur à petits points serrés. avaient explosé d'un coup, écorchant les chairs au passage, laissant de la place pour un souffle nouveau. Elle ne savait encore si les blessures s'infecteraient ou la laisseraient en paix après quelques jours au calme. Pour l'instant, elle préférait croire que ces petites douleurs lui permettrait d'éviter de nouvelles ligatures.

Dans le vide libéré, quelques sanglots encore : ceux de la peur et de la solitude. Ceux du manque de confiance en ce qu'elle pouvait faire, en cette personne qu'elle voulait être, aussi droite que possible, vivante surtout.
Elle espérait si fort que cette asphyxie, ce sentiment de mort lente dont elle pensait s'être déjà libérée et qui l'avaient reprise au collet d'un coup, la laisseraient maintenant en paix, afin que toute son énergie passe à construire cette harmonie dont elle rêvait tant. Conjuguer activité, contemplation et partage, sur fond de liberté.

Couchée sur l'herbe tendre, les yeux dans le ciel moutonneux, goûtant la chaleur du soleil , les caresses des chats, les pitreries des poules et des canards, elle laissait faire le printemps.

lundi 13 avril 2009

La maison d'Hansel et Gretel



Devant la maison d'Hansel et Gretel, tout est gai et avenant. La pelouse déborde de violettes et de pissenlits, les arbres neigent de promesses, et de rires d'enfants.

Dans la maison d'Hansel et Gretel, la table déborde de mets succulents, les verres étincellent, les ventres gonflent et demandent grâce.


Dans la maison d'Hansel et Gretel, il y a les mots et les trous béants qu'ils font dans ma poitrine. Il y a ses yeux, et la folie dedans. Il y a ses mains, et leur violence.

Dans la maison d'Hansel et Gretel, il y a une mère qui crie pour se faire entendre, enfin, une petite fille qui pleure, désarticulée.




Je suis partie de la maison d'Hansel et Gretel, le portail s'est doucement refermé, sur des sourires embarrassés.
Je ne sais si j'y reviendrai jamais.


Et, ce soir, une fois tous mes "ils" endormis, la petite fille s'est jetée dans mes bras, comme déchiquetée par la violence, celle d'aujourd'hui, celle d'autrefois.

Je ne dirai rien de son rêve brisé, maintenant qu'elle dort, apaisée.

vendredi 10 avril 2009

Compte à rebours arrêté

Pendant la dernière semaine, je me suis accrochée à l'idée de ce soir, à l'extrême bord d'une semaine de vacances tant attendues.
J'ai continué à courir le sprint habituel, entre le travail, les formations, mes temps de mère et d'épouse, d'amie et de coach.
J'ai joué avec ma fatigue, de renoncements en coups de colliers.
J'ai pris sur moi quand l'énervement aurait mangé mes dernières ressources, enchaînant pirouettes et histoires de clown.
J'ai évité toute confrontation à moi-même, laissant de côté le tapis, le blog, essayant de dormir le plus possible.

Au moment d'éteindre mon ordinateur au bureau tout à l'heure j'ai ressenti ce pincement qui me prend à chaque fois que je dois faire une pause, ce brin de culpabilité à laisser les autres se dépatouiller de ce que je n'aurai pas fini. J'ai pris le temps d'un dernier tour au ralenti, de consignes en salutations et relectures pour apaiser cette angoisse du changement de rythme, du manque. Les vacances arrivent à point nommé si je me sens à ce point indispensable !

Ce soir comme un basculement.
Lâcher d'abord ce qui fait mon quotidien avant d'être disponible à ce qui survient.
Rêve de ces saveurs à laquelle j'aspire sans plus pouvoir y accéder depuis des semaines, celles de l'instant. Surgissement des feuilles toutes neuves, pluie des pétales sous les giboulées, éclat du soleil et de la pluie, et tous les gazouillis.
Un temps pour le lien.
Un temps pour me retrouver les pieds sur terre, dans mon ventre et dans mon cœur.

Rendez-vous de l'autre côté.